La conférence Rio + 20 a consacré le concept d’économie verte qui concilierait amélioration du bien-être humain et réduction des risques environnementaux, porteuse d’emplois et d’innovations, en lien avec les préoccupations environnementales.

Le secteur de l’eau et de l’assainissement est l’un des plus concernés par cette nouvelle économie. L’époque de l’eau « facile » est remise en cause par les coûts élevés de la pression sur les milieux, la dégradation de la qualité des eaux au détriment des zones humides et de la biodiversité, la croissance spectaculaire des besoins en eau douce, l’insécurité hydrique liée à la compétition entre les usages alimentaires, énergétiques et industriels, le changement climatique et le développement des événements extrêmes.

L’économie verte peut apporter des réponses à ces enjeux, via la mise en place d’une nouvelle gestion de l’eau, qui incite à préserver la qualité de la ressource, dans une logique de prévention et de lutte contre les pollutions à la source ; à utiliser l’eau de manière économe et efficiente, en augmentant la productivité de l’eau pour parvenir au «découplage » entre croissance et consommation des ressources ; à mesurer et réduire l’impact de nos activités sur la ressource à l’aide d’outils tels que l’empreinte eau; à coordonner la politique de l’eau avec les autres politiques (agriculture, transports, énergie…), comme nous y invite le Blueprint publié par l’UE en novembre 2012 ; à allouer l’eau là où elle est le plus utile. Dans ce domaine, l’évaluation de la valeur des services rendus par les écosystèmes aquatiques est essentielle pour sécuriser leur durabilité, améliorer la gestion de la demande et allouer l’eau là où elle créé de la valeur, – valeur économique, mais aussi valeur sociale et environnementale.

Pour satisfaire ces objectifs, toute une palette d’instruments économiques existe : tarification, paiement pour services éco-systémiques, marchés de droits, redevances, réforme des subventions… Il convient de les développer et de les intégrer davantage dans les réflexions en amont de la prise de décision.

La transition vers l’économie verte nécessite un effort de financement important pour soutenir l’innovation. Il faut rechercher de nouveaux modèles économiques pour financer les mesures, mobiliser davantage encore les capitaux privés dans l’investissement de long terme et l’innovation. L’innovation ne doit pas être que technologique, mais aussi socioéconomique et organisationnelle. Elle doit permettre de faire émerger un nouveau modèle de financement des services d’eau pour remédier à la crise du modèle actuel confronté à la baisse structurelle des consommations.

La filière « eau et assainissement » est la principale filière de l’économie verte en France, par le nombre d’emplois qu’elle génère, et la première éco-industrie. Elle dispose de nombreux atouts : leaders mondiaux implantés internationalement, politique des pôles de compétitivité, filière complémentaire. Face à la concurrence des pays émergents, il apparait nécessaire de construire une stratégie française pour l’innovation et l’emploi qui organise une structuration de la filière pour une meilleure cohérence entre grands groupes et PME, soutienne le développement des filières du grand cycle de l’eau, comme l’ingénierie écologique, finance la recherche et le développement et mette en place des conditions cadres propices à l’innovation .

L’économie verte n’est plus un concept mais une stratégie pertinente pour l’environnement et la compétitivité du secteur de l’eau. Il nous reste à agir en responsable pour construire ce futur souhaitable.

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