Débattre de l’eau dans la ville suscite à la fois des réactions de peur et de plaisir. Les peurs sont légitimes face à la vulnérabilité croissante de la ville à l’excès ou à la pénurie d’eau, à la pression sur les ressources, au vieillissement des infrastructures. Les envies de plaisir rencontrent une vision apaisée de la ville de demain, celle de l’eau qui épure la ville et la rafraîchit, celle de la réconciliation entre l’eau, la politique globale de la ville et le développement durable.

La résilience des systèmes urbains face aux risques d’inondation est au cœur des préoccupations des collectivités. Elle renvoie à l’indispensable émergence d’une prise en charge, au niveau local, de la gestion du risque à laquelle doivent être associées toutes les parties prenantes, comme y invite la nouvelle directive européenne sur les inondations.

S’il faut repenser la gestion des eaux pluviales, il faut aussi la financer. Nous suivrons avec intérêt l’évolution, sur le plan technique et politique, de la nouvelle taxe des eaux pluviales et la réalité de sa mise en œuvre concrète.

Dépassons, le temps d’une table ronde, nos inquiétudes. Le rêve d’une ville qui considère l’eau comme une ressource pour gérer les paysages, développer la biodiversité urbaine, climatiser les quartiers devient peu à peu réalité. Il prend appui sur les innovations territoriales de gestion intégrée de l’eau dans la ville qui s’imaginent partout en France, comme en Europe avec l’aide des programmes de l’Union européenne et des associations d’élus.

Réinventer l’eau dans la ville impose d’assumer des ruptures. Nous d’affronterons pas les défis de demain avec les solutions du passé. Il nous faut rassembler des systèmes éclatés et faire émerger une culture commune de l’eau dans les villes. Les solutions ne sont pas uniquement techniques, elles sont aussi dans les organisations et la gouvernance. La mise en place de la trame verte et bleue, qui fera ressurgir les rivières dans la ville, constitue une occasion pour les collectivités française de réconcilier et réinventer l’eau dans la ville, un engagement qui serait le bienvenu en mars prochain lors du Forum mondial de Marseille.

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